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Airbus A380

2/Concurrence entre Airbus et Boeing

a. une divergence de stratégie

Pendant que le projet A3XX a commencé, en 1996, Boeing était déjà en course, avec la recherche d’un 747 développé, dérivé du 747 existant, et qui aurait pu sortir 2 ou 3 ans avant l’A3XX, qui lui était un projet totalement nouveau. Le but clairement affiché par Airbus est de stopper la dynamique du 747 sur le marché depuis déjà….Mais à la surprise générale, le programme 747-X est arrêté, laissant le champ libre à l’A3XX.

Boeing renonce car il a déjà un produit, le 747, établit sur le marché depuis longtemps et qui n’a plus à faire ses preuves. Boeing dispose d’une capacité de le faire évoluer et durer encore longtemps. La firme américaine n’a donc aucune raison de dépenser 10 ou 12 milliards de dollars pour construire un avion qui contrerait son propre monopole. De plus, d’après Boeing, le marché est inexistant.
On a en fait deux visions différentes de l’avenir du marché qui s’opposent :

Pour Airbus :
1)la saturation à venir des espaces aériens
2)la taille critique des aéroports
3)la croissance ininterrompue du trafic mondial

Pour Boeing :
1)davantage de vols avec de plus petits avions
2)inexistence de marché pour ce type d’avion
3)En effet, les passagers seront peut-être tentés de voyager sur des vols moins gros et décollant plus fréquemment vers 4)plus de destinations, évitant ainsi les grands aéroports (hubs).

Le marché visé par Airbus n’est pas en réalité inexistant, mais l’A380 n’évoluera que dans un très petit secteur du marché, dans lequel la place n’est pas assez importante pour que deux avions concurrents puissent coexister.

Mais sûr de son projet A3XX, Airbus se lance dans la bataille et précise son projet rapidement rebaptisé A380.
Pour assurer la réussite financière de Airbus, les équipes de l’avionneur toulousain se sont fixées trois objectifs principaux :
réaliser d’importants efforts pour développer, tester, fabriquer et livrer l’A380 dans le respect des budgets jusque début 2006
maintenir l’avantage concurrentiel des modèles existants sur leur marchés respectifs
étendre progressivement des versions transport de fret à toute la gamme des appareils Airbus

Le succès du géant d’Airbus pourrait d’ailleurs bien résider dans cette version « cargo », grâce à sa capacité d’embarquement de 150 tonnes de marchandises. En effet, la version passagers risque d’être trop onéreuse pour la plupart des aéroports du monde, puisqu’elle nécessitera des investissements économiques important de leur part. L’embarquement et le débarquement de parfois 800 passagers en 45 minutes, comme le prévoit le constructeur, pourrait s’avérer fort difficile à mettre en place.

b. Avantages de l’A380 face au B747-400 son concurrent direct

Ses principaux atouts, par rapport à son rival, le 747-400, la dernière mouture du Jumbo Jet de Boeing, résident dans :

-une énorme capacité avec l’accueil de plus de 555 passagers avec 80 tonnes de marchandises, avec un seuil de rentabilité annoncé à seulement 320 passagers payant par vol. Cette capacité pourrait être élevée à 650 sièges avec l’A380-900,

-le transport de 150 tonnes de marchandises sur plus de 10.000km en version fret baptisée A380-800F (entrée en service prévue en 2008),

-une consommation en baisse de 12% (3 litres par passager au 100 kilomètres contre 3,4 litres pour le 747-400), grâce à ses deux ponts.

-un coût d’exploitation par siège inférieur de 15,5 à 20%.

-un rayon d’action de 10 à 15% plus important que le Boeing 747 avec une autonomie de vol de près de 15000 km qui permettra d’éviter les escales et ainsi supprimer le temps de transit dans les aéroports internationaux en vue de les désengorger.

-un confort sans précédent pour les passagers avec une surface cabine supérieure de 49 % à celle d'un 747, pour seulement 35 % de sièges en plus.

-des trains d’atterrissage remarquablement équilibrés grâce à ses 20 roues réparties sur 4 jambes avec une pression au sol par roue inférieure à celle d'un Boeing 777 qui lui ne possède que 16 roues. L’A380 ne nécessitera donc pas de modification des infrastructures aéroportuaires qui accueillent aujourd'hui les 747.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

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